Plaisir Vs Bien : La différence?

Donner du plaisir, recevoir du plaisir. Faire du bien , se faire du bien.

Est ce la même chose? Question rhétorique hein, sinon je me donnerais pas la peine de poser la question.

Tellement rhétorique que maintenant j’ai la flemme de déployer un raisonnement.

Pourtant quand je faisais mon jogging cela faisait sens. Je prenais justement l’idée de jogger ou faire du sport en exemple.

Courir, c’est contre intuitif. Pourquoi se fatiguer? Pourquoi tourner en rond. Pourquoi dépenser de l’énergie, alors qu’on pourrait rester tranquillement au chaud, regarder une petite série ?

Avant de s’y mettre, en general ca ne fait pas “plaisir”.

Mais après avoir couru, “ca fait du bien” et pendant qu’on courre certes on souffre un petit peu, mais “ca fait du bien”. D’où l’antithétisme du soufffrir vs faire du bien.

De l’autre côté, à trop se faire plaisir, on souffre. Si j’étais resté chez moi à regarder cette petite série, mais qu’ensuite, au lieu de sortir le nez, j’enchainais sur une nuit blanche à regarder des séries, puis finalement à faire ça toute le semaine et à m’isoler in fine, je souffrirais. Beaucoup de “plaisir”, qui donne lieu à une souffrance.

On ne comprends pas bien la différence entre plaisir et bien. On croit qu’il s’agit d’une seule et même chose. Je me fais plaisir – donc je suis bien. Je me fais du bien – donc ca me fait plaisir.

Il y’a quelques différences que je peux noter.

L’idée du plaisir est nécessairement courte. Le bien, dure. Je mange un délicieux gâteau, ca me fait plaisir. Le gâteau est fini, ca m’a fait plaisir. Mais je n’ai plus de stimulis de plaisir. Peut être même une frustration. Ou le sentiment d’être rassasié – voir ecoeuré.

L’idée du bien elle se prolonge. Je vais faire un footing, à la fin de celui je vais prendre une douche puis je me sentirais bien. Longtemps après le footing.

L’idée du plaisir exclue l’idée de souffrance, d’effort ou de douleur. L’idée de bien elle accueille l’effort ou la souffrance comme un ami qui nous aide à nous rendre meilleur.

Je n’ai pas plus de choses à dire le sujet, je crois qu’il est clair que je préfère l’idée de bien à l’idée de plaisir. Cependant il faut admettre que je suis plus enclin à jouir du plaisir, que de m’engager à me faire du bien.

Peut être aussi qu’il faut reconsidérer l’idée de plaisir de sorte à faire apparaître la manière qu’a l’accès illimité au plaisir de créer une dépendance, une déréalisation de l’idée d’accomplissement et au final un vide spirituel important.

Il aussi vrai que, la société dans laquelle je vis, présente le modèle de la réussite comme de celui qui accède à une richesse infinie, de sorte à pouvoir se faire plaisir de façon infinie, c’est à dire, avoir accès à une infinité de sources de plaisir afin de recevoir le maximum de stimulis de plaisir. D’ou l’adage des pauvres: “mais ces riches au final ne sont pas heureux”, selon lequel, ils n’auraient pas accès [les riches] à cette dimension spirituelle qui construit l’être dans un rapport d’adversité, d’effort et de récompense. A tout avoir, on ne voudrait plus rien.

L’idée d’un plaisir accessible, facile, peu coûteux crée un véritable problème de société. Toutes les addictions aux jeux du type candy crush, à la pornographie, à la malbouffe, à la télévision, etc… sont en réalité des sources intarissables d’un plaisir “pauvre”, d’un stimuli infini, court, qui demande à être perpétuellement répété, et qui fonctionne au niveau cérébral comme un activateur du système de récompense. Simplement la récompense est maigre et éloigne l’individu d’un engagement réel dans la société, il déréalise sa necessité à exister, puisqu’il lui fournit la sensation d’être “satisfait” sans qu’il ait besoin de sortir de sa zone de confort. Pourquoi souffrir, pourquoi faire un effort, quand on peut être être satisfait dans la passivité et l’addiction? Pourquoi faire un effort de plus, quand on est “bien“.

personal maxims

you should’t look at people in the eyes. you should look in their eyes twice.